Tu n’aimes que des dessins moches ! ! !

Tu n’aimes que des dessins moches mais tu ne t’en rends pas compte.

Attention, article polémique mais que j’écris pour te sensibiliser à un aspect particulièrement passé sous silence lors de nos débuts dans l’apprentissage du dessin (les miens aussi quand j’avais 16 ans).

Dans ma pratique d’enseignant j’ai rapidement relevé le problème. Les débutants me montrent souvent en exemple des dessins qu’ils aiment. Ceux-ci, je dois le dire en tant que pro, au-delà des erreurs de dessin proprement dites, sont mauvais, très neutres, en gris fades (des gris, encore des gris indistincts et sans cohérence) sans vie, sans composition. Maintenant j’en ai trouvé la raison, et, plus précieuse encore dans ma démarche, la juste formulation de celle-ci même si elle peut choquer. C’est tout cela que je développe ci-après.

On dessine ce qu’on pense et non ce qu’on voit.

Je terminais mon article précédent avec cette affirmation basée sur des années d’observation et de réflexion.

“Sache qu’on naît tous, dans le domaine de la représentation figurative, donc de la perception et la reproduction du réel, . . . aveugle“.

Ci-dessous, un exemple percutant tiré de travaux d’élèves.

Bien sûr, je l’ai gardé, c’est un argument sans appel.

Voici l’exercice de dessin d’observation que je propose à Tina, élève avancée, je précise. Je place toujours les objets dans une présentation inhabituelle (en raccourci – c’est quoi, ça? Chaque chose en son temps, je vous explique ça plus loin) qui permet, à la longue, de percevoir, de travaux en travaux, les choses trois dimensions en 2 dimensions (je reviendrai bien sûr, plus tard longuement, sur ce point également, élément essentiel de mon enseignement). Voici donc, ci-dessous d’abord, l’objet (dessiné par moi) placé tel qu’elle devrait le voir.

dessin réalisé en 01/2015 (tous droits réservés).

Et voici ce qu’elle a dessiné !

dessin réalisé par Tina (tous droits réservés).

Incroyable, non?

Non. Classique, courant. Au début on dessine ce qu’on pense voir et non ce qu’on voit réellement. Tina a dessiné le corps du tire-bouchon qu’elle ne pouvait pas voir d’où elle était. Pour elle et pour tout le monde un tire-bouchon est un objet long. Donc son cerveau lui a fait voir et dessiner le tire-bouchon dans sa longueur.

Je reviendrai sur ce phénomène et sa résolution, bien sûr, plus loin dans d’autres articles. Je voulais simplement que, par cet exemple, tu sois convaincu de ce que je dis en début d’article et dans quel sens je l’entends: tout en voyant, on naît aveugle.

De plus, on naît fruste, on naît kitch.

Réalisation kitch par sa facture et par le modèle choisi.

J’ajouterai, aveugle par le voir, aveugle par le goût (entendu dans le sens de ce qu’on aime, de ce qu’on apprécie).

Car, oui, on naît « mal dégrossi». Peut-être, d’abord, même sans goût du tout, vas savoir ! Et ça ne serait pas trop grave si cette sorte de vide n’était comblé par une soupe peu ragoutante (j’exagère) composée, ou peut-être même décomposée (je ré-exagère, c’est une figure de style) d’éléments venus de tous horizons en désordre, et pour être encore plus clair, je dirais d’horizons bas (toujours la même figure de style).

Et oui, Marie, une élève qui s’étonne de l’apprendre, à de rares exceptions près, arrivés à l’âge de poser un œil critique sur les choses du “beau”, nous avons des amours esthétiques carrément KITCH. D’où la nécessité d’un enseignement solide pour une mise sur de bons rails.

Un enseignement du dessin solide pour une mise sur de bons rails.

dessin d’une élève (d’après modèle) après 8 mois de formation, partie totalement débutante. Elle commence à bien s’affirmer. (tout droits réservés).

Mais l’enseignement artistique donné ne va-t-il pas conduire à une formation-DEFORMATION du sens esthétique?

Ne risque-t-on pas de sauter d’un mauvais goût certain vers un autre mauvais goût qui cache son vrai nom dans des théories fumeuses?

Oui, le risque existe, il ne faut pas le nier. Et sans doute de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe. Les bons pédagogues dans le domaine du dessin figuratif ne sont plus légion.

Le monde “officiel” de l’art avance de rupture en rupture se précipitant vers on ne sait trop quoi, snobant l’art de la représentation de ce qu’on voit, c’est à dire du figuratif tout bonnement (voir l’essai “Artistes sans art” de Jean- Philippe Domecq).

Publication de Jean-Philippe Domecq, critique d’art: “Artistes sans art”.


Le monde du dessin figuratif: un monde abordable, stable mais non figé.

La recherche de la rupture donc de l’originalité pour l’originalité, creuse en fin de compte, artificielle et plus qu’éphémère va te demander cent fois plus d’énergie et de temps dépensés en pure perte, en te faisant croire que tu es un parangon de la créativité. Aussi, apprendre à bien dessiner te permettra d’entrer dans un monde finalement plus abordable, plus stable bien que, je peux te l’assurer directement, un monde qui n’est certainement pas figé.

Créatif comme et quand tu veux !

Et finalement plus abordable.

Oui, plus tu en apprendras dans le domaine de la représentation ( donc les bases du figuratif), c’est à dire, apprendre à voir et à reproduire, plus tu deviendras créatif. Et beaucoup plus facilement.

Puis te viendra tout naturellement ton style.

Puis dans un deuxième temps, trouver ton style (il te viendra tout naturellement avec la pratique comme mes réalisations te le montrent ci-dessous (quand je poste sur Facebook, on reconnaît ma “patte”, cela dit en toute humilité).

Quelques-unes de mes réalisations (tout droit réervés)

Alors, quoi? Accepter des contraintes pour se libérer?

Oui, voilà. Il te faut passer par un apprentissage sérieux. Il n’y a pas de secret, le dessin doit s’apprendre, se travailler assidûment, régulièrement dans un programme évolutif qui tient compte de tes éventuelles difficultés, les tiennes. Rares sont les vrais autodidactes. Moi, par exemple, si j’ai indéniablement appris beaucoup seul, c’est après avoir reçu de mon professeur en école d’art, à 17 ans, un enseignement de grande qualité. Le reste n’a été qu’un développement, un formidable (mais long) épanouissement d’une graine plantée jadis. (merci Mr. le professeur).

Exemple, une élève (à peine 13 ans) débutante dessine des portraits d’après modèle vivant après 5 mois de cours:

Voici, ci dessous le premier dessin de Justine (13 ans) fait alors qu’elle n’a pas encore appris à dessiner.

Premier dessin de Justine (tous droits réservés).

Et ensuite un portrait qu’elle a réalisé 6 mois plus tard d’après modèle vivant !!!

Dessin de Justine après six mois de cours (tous droits réservés).

Voilà, édifiant, non?

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J’apprends à fond les bases du dessin pour mieux m’en libérer.

Quand la liberté totale en cours de dessin conduit à des réalisations stéréotypées

Je reste en arrêt devant vingt “Homville”. On est fin des années 70. Homville, un artiste réputé de Bruxelles (j’ai modifié le nom par discrétion) est le prof de dessin de Marcel, mon chouette collègue, qui fréquence, le soir, une académie située à la périphérie de la capitale. Marcel vente la grande liberté que leur laisse en atelier le mentor.

Vingt “Homville”, vingt !!!

On parle souvent art, croquis, traits, hachures mais on n’est pas des pro

Nous travaillons tous deux dans le domaine informatique mais partageons avec enthousiasme la passion commune de l’art en général et du dessin en particulier, la sienne, nouvelle et balbutiante sans encore vraiment avoir de base, la mienne, nourrie déjà de beaucoup d’heures de réflexion alimentées par les choses apprises en cours secondaires artistiques. Si Mai 68 nous paraît déjà loin, nos propos, à la pose café, sont encore tout imprégnés de la couleur des slogans revendicateurs du Quartier Latin. On n’a jamais autant prononcé le mot “liberté”, moi le premier. On revendique du petit, on revendique du grand, . . . en col cravate. On philosophe, le gobelet plastique fumant entre les doigts. Sans le savoir à force, on dévalorise peut-être le concept.

Soit. Le décor planté, Je reviens à mon sujet, du moins à son introduction, l’apprentissage du dessin.

Marcel, (qui dessine, dessine et dessine encore dans sa tête) aux rêves d’artiste et de bohème devant le distributeur de café:

“Le prof nous laisse même la liberté de choisir et le format et le médium (crayon, fusain, sanguine)”, crénom !

“L’atelier du peintre” (Petrus van Schendel 1806-70).

Moi, son super pote, compagnon de ses rêves (qui ne dessine plus guère):

“Ouaw ! Super, ça correspond en plus à ce que tu attends. J’ai hâte de voir ce que tu fais”. Et en fin d’année scolaire, je vais visiter l’exposition des élèves de l’académie, comme il avait été dit.

Et là, à l’entrée de l’atelier “dessin”, comme je l’indique en début d’article (où j’introduisais ce suspens insupportable), je reste stupéfait. Tout le monde a fait du Homville. La grosse patte du maître a maladroitement écrasé toute velléité de création.

Tu vois où je veux en venir?

Je te parle donc d’un paradoxe. N’en fais pas une loi. Ce sont simplement des faits que j’ai vécus jadis. Ce qui est dit avant et ce que je te raconte maintenant.

La liberté gagnée par l’efficience du guide.

Mon prof de dessin à moi nous “ordonnait”: feuille de format A4, crayon 2B. Ce qu’on réalisait, attentif, plein de bonne volonté, humble devant des conceptions nouvelles auxquelles ont devait donner forme, ne répondait jamais à ces attentes.

Un professeur de dessin exigeant, un guide sûr de son chemin.

Un professeur exigeant mais avec le recul, juste. Un guide sûr du chemin qu’il nous faisait prendre et jamais il ne nous a montré en exemple un de ces propres dessins. Tout était dans son discours.

En fin de cycle, On savait tous dessiner, et sans l’avoir consciemment cherché, chacun dans son style particulier. J’ai compris depuis que le format A4 et le crayon 2B pour l’exercice demandé se justifiaient. Rien n’était gratuit, tout ce qu’il nous “imposait” avait sa raison d’être. Je dois aussi ajouter qu’au-delà de ses exigences dictées par les arcanes de sa pédagogie, il était d’une extrême gentillesse. Sans doute aurait-il dû être plus encourageant. Nous n’avions que dix-sept ans, nous en avions besoin.

mon atelier de portrait en centre culturel.

Réflexion sur la chose: l’importance d’acquérir de bonnes bases en dessin figuratif.

Tout cela fait réfléchir. En bout de course, la liberté de choix tant espérée n’est pas nécessairement là où on l’attend.

Pour parler, il faut apprendre les mots. Pour jouer du piano, il faut apprendre à maîtriser le clavier et d’autres choses encore. Tout le monde est d’accord la-dessus. Ce sont des lieux communs. Eh bien, pour savoir dessiner, la réalité en l’occurrence, il faut apprendre les bases du dessin comme bien voir, rendre son trait vivant, maîtriser les valeurs, donner de la profondeur, et savoir composer ( j’y reviendrai plus avant).

Cela devrait être aussi un lieu commun. Pourquoi donc alors, moi, humblement par ces articles, et d’autres à coup d’essais, jugés souvent ringards (je fais allusion ici, entre autre, aux publications du critique d’art Jean-Phillipe Domecq, longtemps raillé, maintenant reconnu) , devons-nous en défendre l’idée?

Bref, il faut une assise solide pour s’envoler bien, un tremplin digne de ce nom. Et en dessin, c’est tout pareil.

dessin réalisé d’après François Schuitten.

Mais cette assise, ce tremplin ne peut-il pas se révéler être un piège, me diras-tu?

Ah, Bien vu ! Pour une première raison qui rejoint l’histoire de mon collègue en début d’article. Disons, en manière d’illustration de ce premier cas, que ton tremplin, là d’où tu vas, fin prêt, t’envoler, est placé dans un local fermé. Grand espace, il te donne l’illusion de liberté mais tu ne peux, au plus, que raser les murs et le plafond de tes ailles au plus près. Et comme tu n’as jamais connu que ça, tu es convaincu que tu voles libre, libre, libre. Tu ne connaîtras jamais la pleine jouissance du haut vol. On t’a mal préparé pour le futur vers lequel, le courage vissé au cœur, tu pensais te diriger. Là où tu as appris, on te parlait tant et tant, à longueur de temps, de liberté qu’il n’y avait plus de temps pour t’apprendre ces choses qui libèrent: apprendre les bonnes bases du dessin.

Te voilà donc “muselé” d’avoir trop parlé de liberté ! Comprends-moi bien, c’est une formulation un peu choc pour soutenir la cause que je défends, mais bien sûr, je suis d’accord avec toi, par ailleurs il faut se battre pour la gagner et la conserver.

Et tu te dis: mon style de dessin, j’y tiens, je le cultive depuis si longtemps !

Ce tremplin dont on parle peut aussi être branlant. Deuxième possibilité. Tu risques grandement alors de te casser la pipe. Et dans ce cas de figure, tu en es toi-même la cause. Trouver un style propre, dans ce domaine comme dans d’autres, demande beaucoup de temps, d’expérience et de travail. Il ne faut pas le chercher, il se prépare longtemps et vient tout seul quand c’est l’heure. Il reposera de toute façon sur . . . un apprentissage solide des bases du dessin (je persiste).

illustration réalisée pour le challenge INKTOBER 2018 (tous droits réservés).

Aussi, ne dois-tu pas trop vite y prétendre, t’y tenir (tu te coupes les ailles) et vouloir à tout prix le développer. Sache qu’on naît tous, dans le domaine de la représentation figurative, donc de la perception et la reproduction du réel, aveugle.

J’ajouterai, aveugle par le voir, aveugle par le goût (entendu dans le sens de ce qu’on aime, de ce qu’on apprécie). Car, oui, on naît « mal dégrossi». Peut-être, d’abord, même sans goût du tout, vas savoir ! Et ça ne serait pas trop grave si cette sorte de vide n’était comblée par une soupe peu ragoutante (j’exagère) composée, ou peut-être même décomposée (je ré-exagère, c’est une figure de style) d’éléments venus de tous horizons en désordre, et pour être encore plus clair, je dirais d’horizons bas (toujours la même figure de style). Et oui, Marie (une élève qui s’étonne de l’apprendre) à de rares exceptions près, arrivés à l’âge de poser un œil critique sur les choses du “beau”, nous avons des amours esthétiques carrément KITCH. D’où la nécessité d’un enseignement solide pour une mise sur de bons rails.

La bonne voie pour apprendre le dessin.
Photo de 
Kholodnitskiy Maksim sur 
Unsplash

Cette remise sur de bons rails, laisse-moi te l’offrir. Je peux t’assurer que, pour ce faire, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Alors, suis-moi, de pépite en pépite, et prends le chemin le plus direct vers la création.

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Le prochain sujet que je te réserve.

Dans le prochain article, je t’ expliquerai pourquoi, dans le domaine du dessin, il faut accepter des contraintes pour libérer sa créativité.

Zola, pas doué pour le dessin !

Pourquoi je n’ai pas lu le livre “l’oeuvre de Zola et pourquoi l’exposé de ce fait banal peut vous aider à dessiner.

L’histoire se passe en 1992. J’ai beaucoup de temps devant moi. Le dessin, toutes ses techniques et variantes, habite la moindre de mes pensées. Tout un monde crayonné et de couleur tourne dans ma tête, prisonnier. Il bonifie, me dis-je, depuis le temps ancien où je découvrais le monde fabuleux et multiple de l’art à l’école Saint Luc de Mons, section arts plastiques. Mais, ayant pourtant tout ce bagage artistique, je remets à demain la concrétisation de mes oeuvres rêvées, estimant qu’il me manque encore quelque technique pour en parfaire la forme.

Je procrastine intelligemment, comme dit l’autre (le syndrome des pantoufles en béton, expression empruntée à Olivier Roland, pas dessinateur mais auteur et blogueur expert).

Dessin réalisé le 16/04/2016

Alors aimant la lecture, les mots, la langue, je lis, puisque j’ai du temps, la suite romanesque des “Rougon-Macquart” de Zola. Dix-neuf volumes. Me reste à en lire un vingtième, “L’oeuvre”, qui raconte la triste vie d’un artiste. L’histoire éveille ma curiosité et mes sens, c’est un livre sur l’art et son monde, sur la vie de l’artiste. Et pourtant après trente pages. Je le referme et l’abandonne.

Pourquoi? Alors que Zola parle de peinture, de dessin, de ce qui me passionne?

Zola se trompe. Et sur un thème qui me tient à coeur. Dans la longue lignée de la tempête romantique où l’art finit par ne se concevoir que dans la douleur, lui pourtant qui écrit pour défendre l’idée que les talents et les tares sont d’abord hérités, se convainc et tente de convaincre les autres (sans grande difficulté, l’idée non seulement continue à flotter dans l’air du temps mais finit par s’ancrer dans les esprits à tel point qu’on en admet encore le principe actuellement) qu’un artiste ne peut bien peindre son modèle que s’il meurt d’amour pour lui.

Faux ! Zola, auteur que j’adore, n’est pas peintre ni dessinateur !

Certes, ça facilite la construction de l’ensemble de l’oeuvre, lui donnant des repaires anecdotiques et peut-être historiques.

Mais ça n’apprend pas et ça n’aide pas à dessiner, ni à peindre. j’en étais déjà bien persuadé en ces mois de 1992. L’amour est aveugle, dit-on.

Et maintenant, voila, plus que tout autre chose, je consacre ma vie, celle d’au-delà des drames et des soucis du monde, à montrer aux élèves, qui viennent vers moi pour découvrir et pratiquer les techniques du dessin, que seule la faculté de bien voir permet de dessiner ce qui est. Et je le fais bien facilement, je dois dire, ayant une grande et riche expérience de l’apprentissage du dessin figuratif.

Tu ne dessines pas l’autre si tu dessines ce que, toi, tu en penses !

J’ai vu, je vois, que pour saisir rien moins que l’âme d’un modèle il faut dessiner juste. Un rien de différence au coin d’un oeil et beaucoup de l’autre que tu tentes de capter t’échappe.

Mais, dessinateur en demande que vous êtes, ne vous alarmez pas !

Des techniques d’apprentissage font merveille. Mille moyens peuvent nous aider. Le premier est de tenter l’expérience, de s’y tenir, d’écouter et de comprendre ce que je peux transmettre. A force de plaisir d’enseigner, j’en ai trouvé les formulations efficaces, pour preuve ce qui suit.

Un trait doux ou un trait mou?

Pour donner de la vie à un dessin, il est nécessaire de comprendre qu’un trait doit être vivant. On peut le préférer doux mais jamais mou. Et pour bien me faire comprendre, parce que le concept est nouveau, bien sûr, pour le débutant, la comparaison que voici fait mouche : pensez à la différence qu’il y a entre un conjoint mou et un conjoint doux. On voit tout de suite. La nature et le comportement de l’un sont le résultat d’une volonté agissant à pas feutrés, donc maîtrisés, ceux de l’autre, le résultat justement du manque de cette même volonté, et de cette même maîtrise (sans porter de jugement moral, je parle, ici, de trait).

Eh bien, oui, de traits, de formes, d’ombres.

Dessin réalisé près de Dinant (Belgique)- tous droits réservés

Le challenge est de rendre à la “deux dimensions”, la feuille de papier du dessinateur, la toile du peintre, ce qu’elle a perdu, dans ce simple désir de l’artiste de l’appréhender, de sa vie abandonnée à la “trois dimensions”. La vie, la vie, oui un dessin, votre dessin, peut en être parcouru. Le trait, sa force, sa douceur, son élégance, son rythme. La forme, sa justesse, sa pertinence, ses jeux d’ensemble. Et les tons, les valeurs, trésors, bases d’un dessin lumineux et contrasté. Là, il en faut peu pour faire naître la magie, quelques trucs simples mais essentiels à travailler. Oser faire du noir noir demande du temps et du . . . courage. Voir avant tout que gris dans gris reste gris et chaotique. Du noir bien placé exalte le blanc à tel point qu’il peut paraître plus blanc que le blanc de la feuille. Du blanc bien placé exalte le noir.

Suivez-moi et tout ça je vous l’apprendrai. Les dessins, les vôtres, que vous me montrerez seront ma magique motivation. Et bien vite vous comprendrez, avant toute chose, que la maîtrise (ou l’approche tranquille de celle-ci) des bases du dessin n’est pas une fin en soi, mais qu’elle est le socle nécessaire pour développer léger et libre sa créativité. Comme est nécessaire une bonne assise pour bien s’envoler.

C’était en 1992. Dix mille dessins me tournaient dans la tête mais y restaient.

Je dessine maintenant tous les jours. Je n’ai plus de télévision depuis 7 ans. Je dessine, je dessine et c’est un de mes plus grands plaisirs. J’expose et j’ai fait imprimer un livre de croquis urbains qui se vend bien. Cela pour vous dire que j’ai été longtemps (bien sûr, c’est le principe) un champion de la remise au lendemain. Comment j’ai fait pour sortir du cercle vicieux de la procrastination, c’est encore une belle et précieuse chose que je peux partager avec vous. J’utilise ces moyens qui m’ont été du plus grand secours ici avec mes élèves.

Je dessine in situ toujours et directement à l’encre.

Ne vous inquiétez pas, celle-ci (la procrastination) colle à la vie de ceux qui veulent dessiner comme à celle de ceux qui veulent apprendre à faire quelque chose qui n’est pas vital. Mais pas vital, le dessin? La question reste posée. Pour moi, faire un petit croquis tous les jours est plus que nécessaire. C’est un plaisir vers lequel je vais à pas plus que légers. J’y vais en dansant ! Et je vous invite à venir danser avec moi.

Chaque minute consacrée au dessin est une minute de plaisir 100% pur.

A la sortie de ces séances de dessin, on se rend compte que l’esprit, contrairement à ce qui peut se passer pendant la lecture ou l’écoute, est resté sage, tout occupé à ce qu’il faisait oubliant de chevaucher en pure perte, plus souvent qu’à son tour, la moindre idée qui passe. Il ne se laisse pas distraire de ce qu’il fait. Petit à petit, le calme s’installe et entoure le dessinateur, l’isolant dans une bulle bienfaisante faite de tranquillité et d’attention paradoxalement libératrice. Le temps n’existe plus et cependant s’enrichit. Le mental bientôt s’apaise. Le gain est, pour lui, comparable à celui de la méditation. Betty Edwards, auteure du livre bestseller “Dessinez grâce au cerveau droit” appelle ça le “flow” – nous en reparlerons (concept élaboré par Mihály Csíkszentmihályi).

De tels petits moments, d’abord espacés mais réguliers, passé à faire du croquis ne peuvent apporter que du plaisir, du bonheur . . . intense.

Réalisé directement au marqueur sans esquisse préalable. (tout droits réservés).

Ces moments, laissez-moi vous les offrir. Je peux vous assurer que, pour ce faire, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Alors, suivez-moi, de pépite en pépite, et prenez le chemin le plus direct vers la création.

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Le prochain sujet que je vous réserve.

Dans le prochain article je vous convaincrai que la bonne maîtrise des bases du dessin est nécessaire à la libération de votre créativité.