Zola, pas doué pour le dessin !

Pourquoi je n’ai pas lu le livre “l’oeuvre de Zola et pourquoi l’exposé de ce fait banal peut vous aider à dessiner.

L’histoire se passe en 1992. J’ai beaucoup de temps devant moi. Le dessin, toutes ses techniques et variantes, habite la moindre de mes pensées. Tout un monde crayonné et de couleur tourne dans ma tête, prisonnier. Il bonifie, me dis-je, depuis le temps ancien où je découvrais le monde fabuleux et multiple de l’art à l’école Saint Luc de Mons, section arts plastiques. Mais, ayant pourtant tout ce bagage artistique, je remets à demain la concrétisation de mes oeuvres rêvées, estimant qu’il me manque encore quelque technique pour en parfaire la forme.

Je procrastine intelligemment, comme dit l’autre (le syndrome des pantoufles en béton, expression empruntée à Olivier Roland, pas dessinateur mais auteur et blogueur expert).

Dessin réalisé le 16/04/2016

Alors aimant la lecture, les mots, la langue, je lis, puisque j’ai du temps, la suite romanesque des “Rougon-Macquart” de Zola. Dix-neuf volumes. Me reste à en lire un vingtième, “L’oeuvre”, qui raconte la triste vie d’un artiste. L’histoire éveille ma curiosité et mes sens, c’est un livre sur l’art et son monde, sur la vie de l’artiste. Et pourtant après trente pages. Je le referme et l’abandonne.

Pourquoi? Alors que Zola parle de peinture, de dessin, de ce qui me passionne?

Zola se trompe. Et sur un thème qui me tient à coeur. Dans la longue lignée de la tempête romantique où l’art finit par ne se concevoir que dans la douleur, lui pourtant qui écrit pour défendre l’idée que les talents et les tares sont d’abord hérités, se convainc et tente de convaincre les autres (sans grande difficulté, l’idée non seulement continue à flotter dans l’air du temps mais finit par s’ancrer dans les esprits à tel point qu’on en admet encore le principe actuellement) qu’un artiste ne peut bien peindre son modèle que s’il meurt d’amour pour lui.

Faux ! Zola, auteur que j’adore, n’est pas peintre ni dessinateur !

Certes, ça facilite la construction de l’ensemble de l’oeuvre, lui donnant des repaires anecdotiques et peut-être historiques.

Mais ça n’apprend pas et ça n’aide pas à dessiner, ni à peindre. j’en étais déjà bien persuadé en ces mois de 1992. L’amour est aveugle, dit-on.

Et maintenant, voila, plus que tout autre chose, je consacre ma vie, celle d’au-delà des drames et des soucis du monde, à montrer aux élèves, qui viennent vers moi pour découvrir et pratiquer les techniques du dessin, que seule la faculté de bien voir permet de dessiner ce qui est. Et je le fais bien facilement, je dois dire, ayant une grande et riche expérience de l’apprentissage du dessin figuratif.

Tu ne dessines pas l’autre si tu dessines ce que, toi, tu en penses !

J’ai vu, je vois, que pour saisir rien moins que l’âme d’un modèle il faut dessiner juste. Un rien de différence au coin d’un oeil et beaucoup de l’autre que tu tentes de capter t’échappe.

Mais, dessinateur en demande que vous êtes, ne vous alarmez pas !

Des techniques d’apprentissage font merveille. Mille moyens peuvent nous aider. Le premier est de tenter l’expérience, de s’y tenir, d’écouter et de comprendre ce que je peux transmettre. A force de plaisir d’enseigner, j’en ai trouvé les formulations efficaces, pour preuve ce qui suit.

Un trait doux ou un trait mou?

Pour donner de la vie à un dessin, il est nécessaire de comprendre qu’un trait doit être vivant. On peut le préférer doux mais jamais mou. Et pour bien me faire comprendre, parce que le concept est nouveau, bien sûr, pour le débutant, la comparaison que voici fait mouche : pensez à la différence qu’il y a entre un conjoint mou et un conjoint doux. On voit tout de suite. La nature et le comportement de l’un sont le résultat d’une volonté agissant à pas feutrés, donc maîtrisés, ceux de l’autre, le résultat justement du manque de cette même volonté, et de cette même maîtrise (sans porter de jugement moral, je parle, ici, de trait).

Eh bien, oui, de traits, de formes, d’ombres.

Dessin réalisé près de Dinant (Belgique)- tous droits réservés

Le challenge est de rendre à la “deux dimensions”, la feuille de papier du dessinateur, la toile du peintre, ce qu’elle a perdu, dans ce simple désir de l’artiste de l’appréhender, de sa vie abandonnée à la “trois dimensions”. La vie, la vie, oui un dessin, votre dessin, peut en être parcouru. Le trait, sa force, sa douceur, son élégance, son rythme. La forme, sa justesse, sa pertinence, ses jeux d’ensemble. Et les tons, les valeurs, trésors, bases d’un dessin lumineux et contrasté. Là, il en faut peu pour faire naître la magie, quelques trucs simples mais essentiels à travailler. Oser faire du noir noir demande du temps et du . . . courage. Voir avant tout que gris dans gris reste gris et chaotique. Du noir bien placé exalte le blanc à tel point qu’il peut paraître plus blanc que le blanc de la feuille. Du blanc bien placé exalte le noir.

Suivez-moi et tout ça je vous l’apprendrai. Les dessins, les vôtres, que vous me montrerez seront ma magique motivation. Et bien vite vous comprendrez, avant toute chose, que la maîtrise (ou l’approche tranquille de celle-ci) des bases du dessin n’est pas une fin en soi, mais qu’elle est le socle nécessaire pour développer léger et libre sa créativité. Comme est nécessaire une bonne assise pour bien s’envoler.

C’était en 1992. Dix mille dessins me tournaient dans la tête mais y restaient.

Je dessine maintenant tous les jours. Je n’ai plus de télévision depuis 7 ans. Je dessine, je dessine et c’est un de mes plus grands plaisirs. J’expose et j’ai fait imprimer un livre de croquis urbains qui se vend bien. Cela pour vous dire que j’ai été longtemps (bien sûr, c’est le principe) un champion de la remise au lendemain. Comment j’ai fait pour sortir du cercle vicieux de la procrastination, c’est encore une belle et précieuse chose que je peux partager avec vous. J’utilise ces moyens qui m’ont été du plus grand secours ici avec mes élèves.

Je dessine in situ toujours et directement à l’encre.

Ne vous inquiétez pas, celle-ci (la procrastination) colle à la vie de ceux qui veulent dessiner comme à celle de ceux qui veulent apprendre à faire quelque chose qui n’est pas vital. Mais pas vital, le dessin? La question reste posée. Pour moi, faire un petit croquis tous les jours est plus que nécessaire. C’est un plaisir vers lequel je vais à pas plus que légers. J’y vais en dansant ! Et je vous invite à venir danser avec moi.

Chaque minute consacrée au dessin est une minute de plaisir 100% pur.

A la sortie de ces séances de dessin, on se rend compte que l’esprit, contrairement à ce qui peut se passer pendant la lecture ou l’écoute, est resté sage, tout occupé à ce qu’il faisait oubliant de chevaucher en pure perte, plus souvent qu’à son tour, la moindre idée qui passe. Il ne se laisse pas distraire de ce qu’il fait. Petit à petit, le calme s’installe et entoure le dessinateur, l’isolant dans une bulle bienfaisante faite de tranquillité et d’attention paradoxalement libératrice. Le temps n’existe plus et cependant s’enrichit. Le mental bientôt s’apaise. Le gain est, pour lui, comparable à celui de la méditation. Betty Edwards, auteure du livre bestseller “Dessinez grâce au cerveau droit” appelle ça le “flow” – nous en reparlerons (concept élaboré par Mihály Csíkszentmihályi).

De tels petits moments, d’abord espacés mais réguliers, passé à faire du croquis ne peuvent apporter que du plaisir, du bonheur . . . intense.

Réalisé directement au marqueur sans esquisse préalable. (tout droits réservés).

Ces moments, laissez-moi vous les offrir. Je peux vous assurer que, pour ce faire, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Alors, suivez-moi, de pépite en pépite, et prenez le chemin le plus direct vers la création.

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Bien sûr, je vous invite à me laisser votre commentaire (cliquez sur “A propos en début d’article), votre appréciation, et aussi, cela va beaucoup m’aider pour bien orienter le contenu de ce blog, confiez-moi quel secret vous attendez que je vous livre dans ce domaine du dessin dans lequel vous voulez, depuis si longtemps peut-être, vous épanouir.

Le prochain sujet que je vous réserve.

Dans le prochain article je vous convaincrai que la bonne maîtrise des bases du dessin est nécessaire à la libération de votre créativité.


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Auteur : Pierre Schobyn

Etudes artistiques. Premier prix d'académie en 1981. Je donne cours entre autre de dessin par la méthode "cerveau droit" et d'aquarelle. Membre des "Urban Sketchers Belgium". Livre édité: "Dessins, volume 1".

4 réflexions sur « Zola, pas doué pour le dessin ! »

  1. Bonjour Pierre,
    Superbe esquisse de départ pour ce blog. merci
    Je rebondis sur le fond du texte qui correspond bien à ces changements actuels. Je pense qu’apprendre à se connaitre pour créer qui l’on est, au-delà des préjugés et ancrages culturels est une des clés effectivement.
    Merci

    1. Merci, Bernadette. J’ai envie de mettre un maximum de mon point de vue sur le dessin. Il y a longtemps ue je voulais écrire un livre sur le sujet. Donc ce blog est une très bonne occasion.
      Bien cordialement.

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